Le Protocole de Kyoto
Le Protocole de Kyoto est un accord international ratifié par 163 pays, dont le Canada, qui se sont engagés à réduire collectivement leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2 % par rapport à ce qu'elles étaient en 1990, entre 2008 et 2012. L'objectif spécifique de réduction du Canada est de 6 % pour la même période.
Cet accord historique sur la réduction des GES est né à Kyoto, en décembre 1997, lors de la Troisième conférence des Parties à la Convention-cadre sur les modifications climatiques.
Les Parties à la Convention-cadre sur les modifications climatiques avaient déjà accepté de stabiliser leurs émissions de GES lors du Sommet de la Planète Terre de Rio, en 1992.
Le bilan du Canada
Le bilan du Canada en matière de réduction des gaz à effet de serre n'est pas reluisant. En effet, les émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de 26,6 % entre 1990 et 2004.
De fait, le Canada est le plus grand consommateur d'énergie par habitant au monde et le deuxième producteur mondial de GES par habitant. En 1995, les 29 millions de Canadiens qui représentaient 0,5 % de la population mondiale produisaient 2 % des émissions mondiales de GES et consommaient autant d'énergie que tous les Africains, environ 800 millions de personnes.
En 1999, plus de 80 % des émissions canadiennes de GES provenaient du secteur de l'énergie, tout particulièrement de la consommation de combustibles fossiles (pétrole, mazout, gaz naturel et charbon). Le secteur agricole produisait alors près de 9 % des émissions de GES, alors que la production de biens industriels en générait près de 7 %. Les déchets et les eaux usées étaient responsables de 4 % des émissions de GES.
Le bilan du Québec
Entre 1990 et 2004, c'est le Québec qui a affiché la plus faible augmentation de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), comparativement à des augmentations de 39,4 % pour l'Alberta, de 46,9 % pour le Nouveau-Brunswick et de 61,7 % pour la Saskatchewan , durant la même période.
La faible augmentation des émissions québécoises est principalement due au fait que la production énergétique du Québec repose sur l'hydroélectricité, une énergie propre et renouvelable.
L'effet de serre
L'effet de serre est produit par des gaz qu'on retrouve en infime quantité dans l'atmosphère et qui emprisonnent la chaleur des rayons solaires. Il en résulte un réchauffement de la température, tout comme dans une serre, où le verre qui laisse passer les rayons du soleil retient la chaleur.
C'est à cause de « l'effet naturel de serre » si la surface de la terre est 33 degrés Celsius plus élevée qu'elle ne le serait sans atmosphère. Par opposition, la température à la surface de la lune, qui n'a pas d'atmosphère, est de -18 degrés Celsius.
Malheureusement, les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont considérablement augmenté durant le 20 ème siècle, favorisant un plus grand emprisonnement de la chaleur du soleil et un réchauffement de la planète de 0,6 degré Celsius.
Ce réchauffement planétaire va se poursuivre au 21 ème siècle. Des experts estiment qu'il pourrait être de 2 à 3 degrés Celsius.
Les gaz à effet de serres
Six gaz responsables de l'augmentation de l'effet de serre et donc du réchauffement accéléré de la planète sont identifiés par le Protocole de Kyoto.
Les trois gaz les plus connus sont le dioxyde de carbone (CO 2 ), le méthane (CH 4 ) et l'oxyde nitreux (N 2 O).
Les autres gaz identifiés sont les hydrochlorofluorocarbones (HCFC) :
- les hydrofluorocarbones, HFC;
- les perfluorocarbones, PFC;
- l'hexafluorure de soufre.
Rappelons que les HCFC ont remplacé les chlorofluorocarbones (CFC), tel que le fréon, qui ont été bannis dans les années 1980.
Dioxyde de carbone ou CO 2
Un gaz incolore et inodore produit par la combustion du carbone ou d'un composé de carbone.
Concentration dans l'atmosphère
- 370 parts par million, comparativement à environ 280 parts par million en 1800.
- Le niveau le plus élevé depuis 160 000 ans et il continue d'augmenter d'environ 1,5 part par million chaque année.
Contribution à l'augmentation de l'effet de serre
- 60 % au cours des 200 dernières années.
Sources
- Le CO 2 provient de la consommation de combustibles fossiles (pétrole, mazout, gaz naturel et charbon), du déboisement, de l'incinération de déchets, de la fabrication de ciment.
- Les volcans, la décomposition des plantes et des animaux, l'évaporation des océans et la respiration sont des sources naturelles de CO 2.
Méthane ou CH 4
Principal constituant du gaz naturel, le méthane est incolore, inodore et non-toxique.
Concentration dans l'atmosphère
- Elle a doublé depuis 1800, passant de 0,8 à 1,72 part par million.
Contribution à l'augmentation de l'effet de serre
- 20 % au cours des 200 dernières années.
Sources
- Le méthane provient des sites d'enfouissement de déchets ou de l'exploitation et la consommation de combustibles fossiles.
- La décomposition de matières organiques et fécales, principalement celles des ruminants, de même que les marécages, les marais, les termites et les océans sont des sources naturelles de méthane.
Oxyde nitreux ou N 2 O
Mieux connu sous le nom de « gaz hilarant », l'oxyde nitreux est un gaz incolore et ininflammable qui possède une odeur sucrée.
Concentration dans l'atmosphère
- Elle a augmenté de 10 % depuis 1800, pour grimper à plus de 310 parts par milliard.
Contribution à l'augmentation de l'effet de serre
- 4 % au cours des 200 dernières années.
Sources
- Le N 2 O provient de la production d'acide nitrique et de nylon, de l'utilisation d'engrais agricole, des convertisseurs catalytiques des voitures et de la combustion de matières organiques.
- Les océans et les forêts tropicales humides sont des sources naturelles de N 2 O.
Hydrochlorofluorocarbones ou HCFC
Les trois hydrochlorofluorocarbones identifiés par le Protocole de Kyoto sont les hydrofluorocarbones (HFC), les perfluorocarbones (PFC) et l'hexafluorure de soufre.
Ces composés synthétiques contiennent de l'hydrogène, du chlore, du fluor et du carbone. Leur production a débuté dans les années 1980, pour remplacer les CFC bannis parce qu'ils détruisaient la couche d'ozone.
Les HCFC sont principalement utilisés en climatisation et en réfrigération, comme substitut au CFC le plus connu : le fréon. Ces gaz servent également comme propulseur d'aérosol et dans la fabrication de mousse.
Si les HCFC ne s'attaquent pas à la couche d'ozone comme les CFC, ils sont par contre des gaz à effet de serre virulents, même si leur concentration dans l'atmosphère est mesurée en parts par trillion (un million de millions).